31/12/2009

31/12/09 - 20:08

Une soirée bien banale




Ce soir, comme souvent depuis quelques années, nous réveillonnerons entre quelques amis, que des garçons bien sûr, chez moi cette fois ci, avant peut être d'aller faire un tour dans le marais...Soirée plutôt banale donc, avec un menu tout aussi banal : huitres, foie gras, saumon fumé, fromage et dessert arrosés de champagne. J'ai passé cette semaine de vacances à "glander", Bertrand lui travaillait, entreprenant la lecture, vraiment peu fatiguante pour l'esprit du dernier Dan Brown, ou, plus éprouvant pour les nerfs, m'essayant à progresser dans le jeu vidéo "Call of Duty 2" qui vient de sortir. Je dois avouer que son " réalisme" est époustouflant. On y passerai des heures, en oubliant presque les sites de rencontres du net....Il était grand temps que j'acquière quelque expèrience dans ce qui pourrait bien constituer, dans quelques années, un plaisir de substitution....

Dans le billet précédent, j'évoquais les distances prises avec ce qui me reste de famille. Il se trouve que celle ci s'est rappelée à moi hier, un appel d'un de mes neveux, 21 ans maintenant, de passage à Paris avec sa "copine", qui se proposait de passer me voir. Je l'ai revu avec plaisir, 4 ans après mon dernier passage dans un Noël familial. C'était la premiére fois qu'il venait chez moi... L'homosexuel et sa famille, cet épisode qui a coïncidé avec la lecture récente du billet que Jeremy a consacré au dernier livre de Didier Eribon, m'ont remis en mémoire les propos que ce dernier consacrait à ce sujet dans son livre "Réflexions sur la question Gay" : "Les vies gays sont des vies différées; elles ne commencent que lorsqu'un individu se réinvente lui même, en sortant de son silence, de sa clandestinité honteuse. Lorsqu'il choisit au lieu de subir et par exemple, lorsqu'il se compose une autre famille-constituée de ses amis, de ses amants, de ses anciens amants et des amis de ses anciens amants- et se reconstruit ainsi son identité après avoir quitté le champ clos et étouffant de sa famille d'origine et de ses injonctions tacites ou explicites à l'hétérosexualité. Une telle fuite ne signifie pas nécessairement, cela va de soi, la rupture totale avec sa famille, mais plutôt la nécessité de s'en tenir éloigné et de la tenir à distance. Avant cela, les vies gays ne sont que des vies vécues par procuration, des vies imaginées, ou des vies attendues, espérées autant que redoutées."

28/12/2009

28/12/09 - 21:54

" Tetro"



Noël seul chez moi, cela n'est plus inhabituel.depuis que j'ai pris quelque distance avec ce qui me reste de famille. Bertrand dans la sienne en lointaine banlieue et les bars du Marais tous fermés ou presque, il ne me restait plus qu'à me préparer un bon petit repas autour d'un Pomerol. Je ne déteste pas ces petits moments d'une solitude qu'on sait ne point devoir durer. Le temps de lire, notamment quelques articles de journaux consacrés à Benoît 16 qui refait enfin parler de lui en faisant avancer le processus de béatification de Pie 12, sans craindre de braquer et braver à nouveau l'opinion telle que la forgent les médias. Pourtant Serge Klarsfeld a déclaré qu'il n'était absolument pas choqué car Pie 12 a joué un rôle déterminant contre Hitler et a eu des gestes efficaces pour sauver de nombreux juifs : " "Il n'y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint". En revanche il s'est dit choqué par la publication dans la pléiade des lettres antisémites de Céline, coïncidence, ce volume de la correspondance de Céline dans cette collection se trouve être le cadeau de Noël que vient de me faire Bertrand.
En vacances depuis jeudi, beaucoup de temps aussi pour aller au cinéma. Dans l'impossibilité de trouver une place dans une salle 3D pour "Avatar", nous avons choisi des films moins "grand public", "La route", très fidèle au roman, un travail bien fait, mais qui ne saurait faire oublier le choc que m'avait procuré ce dernier; "Persécution", un Chéreau qui m'a semblé pas totalement maitrisé mais qui imprime tout de même durablement sa marque, et puis il y a Romain Duris...; "Tetro" surtout, sorte de variation sur le thème de Caën et Abel (mais combien de films de Coppola, y compris le parrain, renvoient à ce thème) un époustouflant moment de cinéma, un choc équivalent à celui que m'avait procuré "Rusty James", du même virtuose, il y a bien longtemps...Ce dernier trimestre s'est révélé d'une grande richesse cinématographique avec 4 œuvres de premier plan : "Le ruban blanc", "Le prophète", "Tetro" et le dernier Resnais.

09/12/2009

09/12/09 - 14:47

Un retard à combler



Un certain temps que j’ai déserté ce blog. Une occasion peut être de survoler tous les sujets que j’aurais pu aborder….
Dire par exemple tout le plaisir que m’avait procuré le dernier film d’Alain Resnais et celui que j’ai eu de constater que dans « 2012 », le seul hôtel de Las Vegas qui ne se soit pas encore effondré n’était autre que celui dans lequel je me trouvais il y a quelques semaines. Parler du débat sur l’identité nationale que les suisses viennent d’illustrer à leur façon, thème qui me semble t’il était cher à C ruella lors de la campagne présidentielle, et peut être aussi des 6 voix que Renaud Camus a obtenu lors de l’attribution du Grand Prix du roman de l’Académie Française (seul les initiés verront le rapport….). Oser aborder le terrorisme vert à propos du changement climatique (au fait les glaçons fondent aux pôles mais on ne nous dit jamais ce qui se passe à l’équateur, ce serait drôle que la température y soit en baisse…) et suggérer que si , à l’encontre du consensus qui nous annonce la reprise, ceux qui au contraire nous prédisent une récession sans précédent qui devrait débuter dans un an tout au plus, une fois les plans de relance épuisés et que le poids de la dette de tant de pays aura nécessité une augmentation massive des impôts, ont raison, alors le rêve des écologistes d’une « décroissance » sera réalisé, moins de CO2 au prix d’une explosion de la pauvreté . Plus téméraire encore, parler du projet de rendre optionnel l’enseignement de l’histoire pour les terminales scientifiques sur un site hanté par la corporation (pour une fois tout le monde est d’accord, les « pédagogistes » et autres laudateurs des IUFM, comme les nostalgiques du bon vieux temps, pour une fois le consensus aurait il raison ?). Parler de la grippe A et de son vaccin….non là je fais usage de mon droit de réserve pour éviter tout « conflit d’intérêt » (et pourtant que de bêtises ont été dites sur les vaccins en général). S’étonner de la façon dont ont été présentés les résultats très intéressants de l’enquête (par tests totalement anonymes) en milieu gay sur la contamination par le VIH, et qui s’ils ne sont pas du tout rassurants, soyons clair, me semblent cependant beaucoup moins dramatiques que ce qu’on aurait pu supposer. J’aurais pu parler aussi de Ségolène, comment ne pas parler de Ségolène, qui a osé s’inviter à une réunion du courant qu’elle a fondé ! Ou du dernier tome, il vient de paraître, des « Chroniques secrètes de la Vè république », de Michèle Cotta, qui couvre la période 1986-1997 et notamment celle où Rocard était le 1è ministre de Mitterrand, douce nostalgie de ces temps là où j’espérais naïvement que ces deux là finissent par s’entendre ; ce livre nous fait aussi replonger dans les dossiers des « affaires » qui florissaient à l’époque, notamment celles des marchés publics dont le récent film la « Sainte victoire » illustre avec intelligence et absence de parti pris le mécanisme, avec un étonnant rôle à contre emploi de Christian Clavier ; stupéfiant épisode que raconte aussi Michèle Cotta, celui où Jacques Martin qui s’apprêtait à animer une émission en direct avec elle, fait soudainement défection, tétanisé par un appel téléphonique de Cecilia qui lui annonçait qu’elle le quittait pour Nicolas Sarkozy…

J’aurais pu aussi aborder des sujets plus personnels, nos projets de vacances d’hiver par exemple, le voyage en Egypte qui était envisagé avec nos amis Jean-Phi et Luc ayant été temporairement abandonné en raison des problèmes professionnels du premier, la faillite de sa boîte, la crise encore, nous avons fait volte face et projetons de visiter le camp adverse, Israël, avec Bernard (mon ex) et son ami qui rêve de visiter les lieux saints (depuis qu’il a fait partie de l’équipage de l’avion qui a amené Benoît 16 à Lourdes ? tiens au fait Benoît a cessé d’être la tête de turc, le mot n’est peut être pas approprié, les Suisses sont les nouvelles brebis galeuses..), mais aussi Tel Aviv et sa vie nocturne gay ; ou encore mes aventures avec mon nouvel ordinateur transportable Asus, un bête de jeu (6Go de mémoire vive !) qui m’a enfin permis de profiter du jeu vidéo « FEAR », acheté il y a 4 ans, mais qui faisait irrémédiablement planter mon ancien pc de seulement 1 Go de mémoire vive, et conter la partie de plaisir qu’a été « l’upgrade » vers Windows 7 sorti quelques semaines plus tard, ou le remplacement de la version d’évaluation de Norton Security pré installée par « Bitdefender » (le nom m’a plu..) ; ou encore d’autres aventures, celles des bars sexe, notamment le bunker, où nous allons régulièrement avec Bertrand (les autres étant secrètes), mais je ne suis pas sûr que ce site soit approprié pour cela.

Peut être ceux qui ont comme moi migré leur blog depuis un autre site et me liraient encore se souviennent ils du récit que j’avais fait de mon aventure avec Ph., ma première rencontre, et de son évolution si douloureuse pour lui. Il ne s’était plus jamais manifesté après la tournure sordide qu’avait prise notre dernière rencontre, alors qu’il s’était fait ordonné prêtre. Je viens de retrouver sa trace grâce à Google, il anime une paroisse. Le temps a passé, il a maintenant plus de 50 ans, mais la crainte de rouvrir une plaie qui ne serait pas cicatrisée m’a empêché, jusqu’à maintenant, de me manifester.

« Le parti de l'In-nocence s'associe bien sûr sans réserve aux pétitions et protestations contre la suppression programmée de l'enseignement de l'histoire et de la géographie dans les classes terminales à vocation scientifique. Il y voit un nouveau coup porté à la culture générale déjà si fort éprouvée et une catastrophique confirmation de la tendance déjà si gravement engagée à ne produire plus, pour l'Éducation nationale, et dans le meilleur des cas, que des spécialistes préparés à leur seule fonction et dès lors incapables de tout regard critique sur le monde qui les entoure, qui n'est plus intelligible puisqu'il a cessé d'être un objet de sens, et même plus appréciable puisqu'il a cessé d'être un objet de contemplation et d'amour. Une telle mesure est parfaitement représentative de l'entreprise de Grande Déculturation à son stade ultime, quand sa tâche est suffisamment avancée pour que le Grand Remplacement s'accomplisse en silence, si ce n'est aux applaudissements béats des remplacés. »
(Renaud Camus, 7/12/2009)